Je ne me rappelle plus exactement quand j'ai arrêté de croire en Dieu. Etait-ce par lassitude précoce du dogme, ou parce que je savais que je n'en aurai pas besoin pour le chemin que
j'ai emprunté ? Bon, la véritable question se rapprocherait plus de "Qu'est-ce qui pousse un enfant à ne plus croire en une force spirituelle supérieure, mais à pleurer quand il se fait gronder par
ses parents ?". Une illumination inversée. Comme quelqu'un qui lance une lampe-torche au fond du gouffre où vous ne pensiez jamais sauter. Comme le doute qui se glisse insidieusement dans l'esprit
d'un croyant sur son lit de mort.
Remontez la ligne depuis le ver, vous trouverez le pêcheur. Il est si facile de modeler l'inconnu pour lui donner une forme effrayante; les religions s'y attelent depuis des milliers
d'années. Par corollaire, imaginez un gamin perdu dans l'obscurité, se murmurant à chaque pas les phantasmes les plus rassurants jusqu'à s'en persuader. Un sentiment aussi animal que la peur,
élaboré pour se mettre au service d'humains reniant leur condition. Plutôt tuer qu'affronter un éventuel néant ! Et quitte à se casser la figure, autant s'accrocher à tous les peureux naïfs autour
de soi. On souffre tellement moins à plusieurs.
Quel luxe intellectuel que de s'offrir l'incertitude comme seule certitude. Quelle joie d'avoir un emploi du temps vierge après la mort. Ou pas. Pour ce que ça change.
par Obnubilé
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Les réponses offertes - gracieusement - par la religion nous poussent à ne plus nous poser aucunes questions, confortés dans notre idéal de paradis/réincarnation/non existence (rayez la mention inutile) après la mort, voire même, pendant la vie. La peur de l'inconnu est la plus grande des frayeurs. Adopter des croyances et se persuader de leur exactitude est de mon point de vue la plus facile des opportunités.
Je préfère continuer à me poser des questions, ce qui, en soi, est plutôt aisé. Mais il l'est beaucoup moins d'accepter que les réponses exactes ne sont pas à portée...