Alors que je vois défiler les paysages nocturnes, de nombreux éléments de ma vie perdent de leur sens. Des problèmes qui me tourmentaient alors, ne sont plus que des formes floues et
indistinctes. Des valeurs que j'aurai pu défendre avant de commencer mon périple n'ont plus lieu d'être.
Dans l'absolu, rien n'a d'importance. Ce sont les points de vue des gens qui définissent naturellement leur propre échelle de valeurs. Décider d'eux-même de ce qu'il faut ignorer, et
de ce sur quoi se focaliser. Une lucidité relative, mais parfaite. Une emprise sur le monde. Sur sa propre vision du monde. Dans la mienne, un rictus me creuse de nouvelles rides. Utopie naïve. On
subit nécessairement l'influence des autres, si bien qu'ils modèlent une partie de notre vie. Nos parents nous éduquent, et quelque soit la part de liberté qu'ils souhaitent nous laisser dans notre
manière de penser, celle-ci est irrémédiablement encadrée. Encadrée par leur désir de nous voir heureux. Le paradoxe de devoir haïr ceux qui ne souhaitent que notre bonheur. Nos amis nous
influencent, de par l'oreille que l'on prête plus volontiers à quelqu'un avec qui on partage un lien affectif. Et au final, on peut retrouver un contrôle indirect sur notre petit univers, en
décidant de qui peut l'altérer ou pas. Une construction passive de soi. Un dommage collatéral dans une guerre d'opinions.
Les gens ont de l'importance parce que vous leur en donnez. En choisissant judicieusement les personnes à qui on octroie ce privilège, on y voit bien plus clair dans ses relations. Et
les rires et les larmes prennent un peu plus de sincérité. Je me plais à me représenter les rapports humains comme un gigantesque réseau où les individus se construisent mutuellement, avec tous les
aspects positifs et négatifs que cela implique. Posez des briques, mais n'espérez pas avoir le moindre aperçu objectif de l'édifice. Vous faites involontairement partie d'un grand architecte exalté
et incontrôlable. Et malgré toutes les illusions dont on peut se bercer, tous ces liens qui semblent nous rapprocher des autres, comme pour tromper l'avarice affective dont la réalité fait preuve,
on reste seul. Non pas que cela doive paraître déprimant.
Admettre que, sur une durée suffisament longue, nous ne sommes le centre que de nous-même, et de rien d'autre, c'est s'ouvrir une porte vers...
par Obnubilé
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Cordialement.
Jihem Aime.
Je tiens d'abord à souligner que le narrateur est un personnage fictif, dont les réflexions sont certes souvent inspirées de mes expériences personnelles, mais pas nécessairement en accord avec mon propre point de vue. Je préfère poser les bases d'une idée ( d'où le caractère naïf, dans la description de mon blog ), et développer celle-ci par mon personnage. Mon but n'est pas ici de philosopher, je n'ai pas la maturité pour le faire. J'offre simplement une perception différente de la vie.
Amicalement. Obnubilé.