Introspection

Nature Boy, M. Davis

Repère temporel

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Mardi 26 juin 2007
   Chaos constant. Chaos chaotique. Et donc inconstant. Pandemonium d'où s'extirpent avec peine quelques grains de sable, de rares et courts instants d'intense lucidité. Les postulats sur lesquels la plupart des gens basent leur existence se font et se défont sous mes yeux. Et je contemple. Je contemple l'horreur de l'impermanence et du doute. Le soulagement de n'être pas complètement fondu dans la masse m'empêche de basculer là où d'autres auraient mille fois préféré la mort, pour eux seul absolu sur lequel on peut définitivement compter. Sombres fous. Rire de folie ou de simple moquerie, je l'ignore, mais l'idée que ces gens interrompent leur existence au lieu de la remettre en question me rend hilare. Pensez-y comme au suicide boulimique d'un ascète.

   Les couleurs dansent sous mes oreilles, me plongeant dans un profond malaise. Ces horribles mélodies que j'ai enfoui profondément jaillissent maintenant en un geyser accoustique. Mon subconscient réclame vengeance. Ne retirez jamais un baillon sans pointer une arme en retour. Hurler maintenant ne serait qu'un gage de soumission au torrent sonore qui me noie. Je m'abstiens. La crainte de soi-même. La crainte de faire du mal à une partie de soi-même. Empathie envers sa propre personne. Rictus qui me défigure. Et le son m'agresse déjà moins.

   Un flot continu de pensées assaille mon esprit déjà saturé d'informations sensorielles. Des pensées si proches les unes des autres qu'on les croirait simultanées. Grain de sable. Et la valse repart. Objectivement, ce n'est qu'un gamin qui joue avec la fonction arrêt sur image de mon psyché. Subjectivement, c'est un enchevêtrement des perceptions de toute ma vie. On se fait parfois une idée si esthétique de la folie. Je jouis pendant encore un temps de cette confusion, trop désordonné pour être vivant, trop conscient pour être mort. Puis mes sens se rétablissent sur un fauteuil de train.

A côté de moi, ma valise paraît plus lourde que jamais.
par Obnubilé
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